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9 novembre 2011

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Une idée fortement répandue dans la sphère éducative est que « la pédagogie coopérative est une pédagogie de centre-ville », à savoir qu’elle est pratiquée et fonctionne mieux dans des écoles situées dans les milieux favorisés plutôt que dans celles situées dans les milieux sensibles (ZEP ou REP, notamment). La forte présence de PE3, fraîchement sortis de l’IUFM et ne connaissant pas cette pédagogie, dans les écoles en milieu sensible, et l’important taux de mobilité des équipes enseignantes, dans ces zones, ne permettant pas de travailler en équipe et sur un projet à long terme, pourraient expliquer ce phénomène dans le cas où il s’avérerait exact. Or, nous avons pu constater, en réalisant ce dossier, que la réalité est tout autre et que de nombreuses équipes pédagogiques travaillant en ZEP, en REP, en IMPRO… pratiquaient la pédagogie coopérative car elle leur apparaissait la mieux, voire, pour certains, la seule adaptée à des élèves en difficultés scolaires. Mais, bien souvent, le but visé par ces équipes pratiquant la pédagogie coopérative (qu’elle soit inspirée de Freinet, de la pédagogie institutionnelle ou de l’OCCE) n’est pas directement l’amélioration des apprentissages cognitifs mais, plutôt, le changement des comportements pour améliorer le climat scolaire, l’ambiance (éliminer la violence, l’absentéisme,…).

En effet, s’il ne fait aucun doute, pour ceux qui mettent en oeuvre les outils coopératifs, que cette pédagogie a un impact fort sur les comportements, il reste des incertitudes quant à son impact sur les apprentissages. Une étude INRP/OCCE est, actuellement, en cours dans ce domaine. En attendant, les témoignages recueillis auprès d’enseignants pratiquant cette pédagogie dans leur classe ou dans leur école prouvent, effectivement, qu’elle peut redonner, à des enfants en difficulté, voire en échec, le goût d’apprendre et leur permettre de trouver, ou retrouver, le chemin de la réussite.

Marie-France Rachédi